Une semaine, jamais facile
Par Ksénia le mercredi, 23 avril 2008, 19:16 - Réflexions - Lien permanent
Est-ce
que j’arrive à faire un dédicace dans ce billet, sans
froisser la netiquette de la blogosphère? Voyons:
à MaisEuh,
en signe de reconnaissance pour sa question
Eh oui, la semaine française dure huit jours. Pire encore, deux semaines françaises durent quinze jours, donc un jour de perdu dans les calculs.
Ce qu’on peut essayer de comprendre : si vous compter les jours de la semaine de lundi à lundi, vous en avez huit, si vous ajoutez encore une semaine, pour ne pas comptez un seul lundi deux fois, vous êtes obligé d’en supprimer la durée... La question qui se pose, commence-t-on vraiment à compter à partir du lundi ?
Vraiment, on sait jamais. J’étais sous le choc relativement grave quand on m’a dit qu’en français, le printemps démarre le 21 mars, l’été le 21 juin, et puis vous me voyez venir...
Admet-on
avoir deux lundis par semaine? Horrible. En russe, on dit «lundi
est un jour difficile», понедельник
– день тяжёлый,
alors pour en avoir deux par semaine, quelle galère... Deux
dimanches ? Hum, c’est plus plaisant comme perspective 
Disons
qu’en russe, on compte sans se faire des idées: la semaine,
c’est toujours sept jours. Si un Russe veut partir pour une
semaine, il dira qu’il veut partir pour une semaine, point, sans
évoquer les calculs. Pareil, pour deux semaines: «dans
quatorze jours» ne sonne pas très naturel. Il y a quand
même des gens qui ont une semaine spéciale en russe,
celle de... sept vendredis!! Mais je vous déconseille de les
fréquenter. En fait, si on vous dit «chez lui, c’est
sept vendredis par semaine» - у него семь пятниц на неделе – cela veut dire que le
type en question est extrêmement inconstant, qu’il change de
projets tout le temps, qu’il déclare des choses qu’il
va contester très bientôt... Bref, c’est pas joli,
ça 
Voilà, ma petite histoire comparative... bon mercredi à tous!
Commentaires
En France, on parle également de la semaine des quatre jeudis (avant, le jeudi était le jour de congé des enfants, où il n'allaient pas à l'école), pour désigner une quelque chose qui n'arrivera jamais ; un peu comme la Saint Glin Glin, ou les calendes grecques...
Merci beaucoup, Thomas
Autrement dit, la semaine de quatre jeudis, c'est "quand l'écrevisse aura sifflé sur la montagne", когда рак на горе свистнет...
Dommage, ça s'annoncerait plutôt bien, cette semaine pleine de congé qui arrivera jamais!
Quelle semaine deux lundis, quatre jeudis et sept vendredis, d’un seul coup le mois de mai s’éloigne et ça m’arrange! Je vais pouvoir finaliser mon document en temps et en heure vers le 35 avril !
Pendant la révolution la France avait adopté un nouveau calendrier basé sur le système décimal, l’année débutait en automne (le 22 septembre chez nous :o) ), les semaines étaient composées de dix jours, chaque journée avait une durée de dix heures, une heure avait cent minutes, une minute cent secondes... Convertie dans ce calendrier la durée légale (actuelle) du travail devient 3h33min et ça c’est vraiment révolutionnaire ! :o)
Ce qui explique sans doute pourquoi au début de la révolution la devise de la république était « Liberté-Egalité » ou « Egalité-Liberté », le mot fraternité ne fut ajouté que plus tard. C’est vrai que 3h33 de travail cela laisse pas mal de temps pour fraterniser avec les autres :o)
L’histoire ne dit pas si l’ancien testament avait été adapté pour tenir compte de la nouvelle durée des semaines. Peut-être pouvait-on lire à l’aube du neuvième jour Dieu créa l’homme et la femme à son image, soit quand même trois jours de plus pour créer un homme et une femme sans-culottes ! :o)
Pour rebondir sur le commentaire précédent, la Bible n'a pas eu à être adaptée lors de l'adoption du calendrier décimal à la Révolution, puisque, en même temps, a eu lieu la déchristianisation : état athée, religieuses et prêtres poursuivis, culte réprimé... On oublie un peu trop souvent que la Première République n'a pas été une réussite au plan des libertés individuelles !
Quant à l'histoire des huit et quinze jours... Le français étant ma langue maternelle, j'avoue avoir dû relire deux ou trois fois le paragraphe pour comprendre où était le problème - et il y a eu un effet "madeleine de Proust", et je me suis revue petite, demandant à ma mère "pourquoi on dit comme ça". Sa réponse avait été en deux parties. D'abord, dire "sept jours" et "quatorze jours" est plus difficile que de dire "huit jours" et "quinze jours" : plus de consonnes, les phonèmes se bousculent.
Ensuite, ces formules introduisent une idée d'approximation. Quelque chose qui se passera "dans huit jours" peut avoir lieu dans six, sept ou huit jours...
On peut peut-être aussi le rapprocher de l'expression "lundi en huit (ou en quinze)". Par exemple, si nous sommes mardi 10 et que je veux parler de la Fête de la Musique, je pourrai dire qu'elle est prévue "samedi en huit". Sans doute parce qu'on compte huit (ou quinze) jours sur le calendrier ?