Les milliards et millards de ces petits messages envoyés chaque année qui font naitre les nouvelles pratiques scripturales, sous la double action de contraintes technologiques (160 caractères seulement, qui ne sont pas franchement dit très pratiques à taper, surtout si on fait ça en marchant, en mangeant, en conduisant la voitu... non, pardon, ça jamais!), et de cette dimension intimiste (le terme introduit par Jacques Anis, figure de référence majeure en matière de communication médiatisée), créative, cocasse qui apparait quand on essaie de joindre ses proches par le biais de cette lettre minuscule.

 

D'un côté, il s'agit de simplification tout court – parce que la langue de Molière a su conserver son orthographie médiévale, qui ne reflète en absolu la langue parlée de nos jours. Ici il y a des troncations qui s'appellent dans le monde de la linguistique apocopes (plui = pluie), aphérèses (onte = honte) et aphérèses internes (aler = alors)... Hum. Des mots qui font peur ;)

 

D'autre côté, il y a les procédés spécifiques qui n'ont rien à voir avec le décalage entre la prononciation et l'écriture, c'est déjà autre chose: des jeux sémio-phonologiques (2vant = devant, 2m1 = demain, 100dek = sans déconner, kC = casser...) et des abréviations et siglaisons de toute sorte: (tlm = tout le monde). Ici, je suis bien d'accord avec vous, Firstorangutan, un langage codé et un peu puéril (parce que ludique, au fond) est créé entre intimes.

 

Aux intéressés je conseille vivement les travaux d'un chercheur français M. Fabien Liénard dont un texte je viens de relire avant d'écrire ce billet et dont j'ai repris quelques exemples!