La formule FLE

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Mot clé - locutions figées

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dimanche, 30 mars 2008

Voir Naples et mourir

Chers russophones, cette petite phrase, vous fait-elle sourire? Eh bien moi, oui, et j'explique pourquoi: parce qu'on dit normalement en russe voir Paris et mourir - увидеть Париж и умереть. Genre, rien que la vie pourra vous proposer après ne sera plus à la hauteur. Vous auriez tout vu, tout éprouvé, comble expérientiel, satisfaction de toutes les envies, la vie au-delà d'un tel bonheur, à quoi ça sert.
Ici, on constate le changement de la ville-clé. Pourquoi donc?
Voilà une explication assez transparente, d'ailleurs, fournie par je ne me rappelle plus quel dictionnaire: la baie de Naples passe pour l'un des plus beaux paysages du monde - ce qui est apparemment mérité - et dans la vision touristique "petite-bourgeoise" de la fin du XIX s., fait partie de ces lieux qu'il faut impérativement "avoir vu avant de mourir"...
Une autre version, à consulter ici ou ici, beaucoup plus alléchante, à mon avis, nous fait remonter à une expression italienne "Vedi Napoli e poi muori", avec le même sens d'un épicentre de tous les désirs possibles. Prononcée par les Napolitains, elle démontre leur fierté admirative et une invitation implicite de s'y rendre.
Mais le truc, c'est qu'il y a encore une ville qui s'appelle Morire, au pied du Vésuve. Donc la blague à l'origine de l'expression aurait pu être "voir Naples et puis aller voir Morire"...
A chaque peuple son rêve, et on ferait un drôle de guide touristique à partir de ces "souhaits ultimes" du monde entier... :-)

dimanche, 30 septembre 2007

Pourquoi coucher dehors?

Pourquoi coucher dehors

J’aimerais bien savoir pourquoi un nom charabiaesque, imprononçable, qui se ralentit sur les lèvres avec un accent bizarre, s’appelle en français un nom «à coucher dehors». Du coup, ce désir de comprendre est né quand j’étais en train de rédiger mon billet précédent et j’ai mis cet énigme à tout casser sur la page. Sans réfléchir presque. Et puis je me suis dit, mais comment ça, chers cartésiens du monde francophone, expliquez-le-moi... Cela n’est pas un billet normal, c’est un cri de secours ! Une demande d’un boué de sauvetage ! Qui couche dehors ? Ce sont ceux qui ont des noms difficiles qui couchent dehors, c’est ça? Il parait que tel est le cas, selon cette explication. Mais heureusement le sens évolue, et maintenant on peut trouver des histoires, des noms de rue, des reves ainsi... 

samedi, 25 août 2007

Lapins, lièvres et les langues étrangères

En fait, la réponse à votre question, cher P.E., a été amablement donnée par firstorangutan, qui nous a indiqué le site avec les explications cunicioles les plus détaillées! J'en ajoute un autre lien, juste pour compléter le tableau de la recherche.

Un petit commentaire comparatif: si en Français c'est le lapin qui est associé "à la resquille, aux opérations faites en douce ou à la gratuité indue, par défaut de paiement", en Russe ce sera plutot le lièvre: ехать зайцем, aller à la lièvre, par exemple, sans prendre le ticket de tramway.

En ce qui concerne les animaux qu'on peut poser à qqn, je pense aussitot aux cochons: подложить свинью, poser une truie, ce qui voudrait dire, jouer un mauvais tour à cette personne - un équivalent encore plus cocasse en Français serait jeter un chat aux jambes de qqn (ici, il faut imaginer bien le scénario, les comportements respectifs du chat, du jetteur et du bénéficiaire!). Théoriquement, le fait de poser un lapin peut résulter à la position d'une truie, n'est-ce pas? ;)

jeudi, 8 mars 2007

Provinces et leurs habitants

Eh bien, le billet précédent m'a fait songer aux provinces françaises, aux mots qui désignent leurs habitants, leurs réputations à l’échelle du pays, et aux expressions qui puisent leur inspiration dans cette source insondable... J’aimerais commencer cette description – qui se promet longue – par les trois cas que je crois dignes à “potasser” :

  • la première association, c'est la fameuse "réponse de Normand", la phrase qui s'applique à ces interlocuteurs peu attractifs qui ne vous disent ni oui, ni non... parfois l’on ajoute, Normand a son dit et son dédit ! Et si un tel Normand a le malheur de trouver en vous un digne interlocuteur, toute votre histoire communicative peut bien s'intituler "Au Normand, Normand et demi!"... On en déduit que la prudence et l’astuce des Normands (il n’y a personne comme fin Normand  pour vous faire un trait de Normand, vous savez...) sont vraiment surhumaines et se voient mythologisées dans la langue française...
  • l’expression suivante remonte plutôt aux temps décrits par monsieur Dumas–père... Gascogne comme telle n’existe plus aujourd’hui : c’était un duché français entre Pyrénées, Atlantique et Garonne, réuni très tôt au duché d’Aquitaine. Le mot “gascon” a développé une signification “fanfaron, hâbleur” (par exemple, un ton très gason...), d’où les phrases comme “offre de Gascon” – proposition qui n’est pas sérieuse et ne devrait pas être prise comme telle ;  “promesse de Gascon” – à laquelle il ne faut jamais se fier... Je renvoie tout le monde à la chanson de Mikhaïl Boïarski alias d’Artagnan à la russe, celle de “Bourgogne, Normandie, Champagne ou Provance, vous avez aussi du feu dans les veines, mais...” pour les détails !! ;-)
  • Moins métaphorique mais toujours curieux, un terme bien bizarre “à la mode de Bretagne”.  On parle d’un oncle à la mode de Bretagne pour désigner le cousin germain du père ou de la mère. La même règle nous donne un bon nombre de tantes, de cousins, de neveux, de nièces à la mode de Bretagne – c’est aussi une manière ironique pour dire que vous êtes pas très proches sur les branches de votre arbre généalogique... Certains expliquent cette terminologie familiale par une tradition bretonne d’appeler les parents les plus éloignés ses “cousins”, d’où la première phrase, cousin à la mode de Bretagne... La locution “être mariés à la mode de Bretagne” s’inspire de cette exagération : ça veut dire que le mariage en question est illegal !

Voilà, un petit commentaire sur l’adage “nos régions ont du talent” qui couronne ce billet : c’est l’image d’une marque donnée aux produits alimentaires traditionnels, spécialités produites dans les villes et régions de France... ;-)

vendredi, 23 février 2007

Avertissement au lecteur + Bonjour!

L’ouverture d’un blog, c’est toujours un événement aux retombées incalculables. Surtout dans notre cas. Mais enfin, on verra. Moi, personnellement, je serais heureuse de venir ici pour crier ma stupéfaction. Car avec la langue française, on va toujours d'étonnement en étonnement. Tenez, je vous donne un exemple.

Je croyais que ce serait logique de dire « bonjour », histoire d’être polie dans mon premier billet. Et ce mot-là, simple comme... simple comme bonjour, effectivement ! est plein de mystères, si l’on le regarde de plus près.

Ça va très bien au niveau de « souhaiter le bonjour » et « bonjour, monsieur ». Même « bien le bonjour », j’accepte. Mais l’exclamation « Bonjour les dégâts ! » me fait lever un sourcil. Je sens intuitivement que ça va tourner au pire. M-me Sagan me vient par la tête, avec son « Bonjour, tristesse », et le Petit Robert enfonce le clou : on dit bonjour ironiquement  pour « saluer une conséquence désagréable, inévitable », comme bonjour, l’angoisse ! ou même « Et bonjour les situations inextricables » (c) ! C’est ça, le Français, la langue courtoise : on salue ici les conséquences désagréables... eh bien...

Mais voilà une nouvelle tournure : un canadisme, bonjour employé pour signifier au revoir ! Pas mal. Ce qui nous donne Bonjour confiance !, à comprendre vice-versa, manière de dire il n’y a plus de confiance. Et l’énonciation si tu l’invites, bonjour l’ambiance ! équivaut plutôt au adieu l’ambiance !

D’accord, je suis prête à déchiffrer ça. Mais on arrête pas la langue. Parce que dans le Midi, on dit souvent adieu pour bonjour et au revoir. Bof, n’est-ce pas ? ;-)

Comme si ce n’était pas assez en matière de complications pour un mot tellement basique, on rencontre les usages comme  c’est bonjour bonsoir, cad nos relations se limitent à peu près à ses deux mots, et le cri Bonsoir ! veut dire qu’on s’en désintéresse, l’affaire est vue comme faite. Vous pouvez dire adieu à votre tranquillité est assez compréhensible comme ça.

Mais mon champion personnel, c’est « avoir le bonjour ». Cela me déconcerte. Ici, Dima mon grand, je compte sur toi, sors-moi de cette énigme :

  • On peut dire « t’as le bonjour de Jean-Luc », et c’est Jean-Luc (!!) qui te le dira ( ?? )
  • On peut dire également «j’ai le bonjour de Jean-Luc à te donner», et ce serait comme si J-L disait «meilleurs sentiments à... », et moi je n’avais qu’à transmettre ça.

Il paraît qu’on peut dire «t’as le bonjour » dans une situation obscure argotique...

Et pourquoi les dicos ne le mentionnent pas ??? Parce que cela va de soi pour tout le monde sauf moi ?