Parmi toutes les belles phrases qui me fascinent dans la langue de Molière celle-là occupe une place à part. La phrase que je n'arrive jamais à traduire, et qui me manque parfois dans les conversations en russe. C'est dire, quand meme. Mais sinon, comment vous la remplacez, vous, la pittoresque Tant pis?
Littéralement traduite, ça rime à rien. M'enfin, selon le contexte.
Disons, l'emploi le moins intéressant, Tant pis pour eux (et tant mieux pour nous, ou à la rigueur, cela ne nous regarde pas, c'est juste pour eux que ça complique la vie), c'est la corréspondance limite. La majorité d'emplois nous offrent les nuances beaucoup plus subtiles, pleines tantot d'un fatalisme indifférent, tantot d'un optimisme réservé.
On a raté une jolie occasion, on serait presque pret à s'adonner aux regrets, mais heureusement on sait positiver: Tant pis, j'ai d'autres possibilités. Génial, ce "tant pis" qui sert à rayer les échecs et tourner la page. Tu ne viens pas aujourd'hui? Tant pis, j'attendrai...Mince, on se retrouve dans le meme groupe que l'Italie (sapienti sat), les Pays-Bas et la Roumanie. "Mais maintenant, le tirage est fait, il faudra faire avec, et tant pis" - voilà comment le sélectionneur des Bleus Raymond Domenech réagit au tirage pour Euro-2008. Un "tant pis" qui fait face aux circonstances, qui étale une insouciance intérieure assez élégante, qui veut dire presque "c'est pas grave".
J'aime cette force vitale sereine et apaisante, j'aime cette ambiance zen que cette petite phrase répand, j'aime ce dédoublement du sens, ce tant pis qui tourne au tant mieux.
Tant mieux

Une phrase qui accroche mon esprit dans l'édito de Claude Imbert,
Encore une phrase issue du message précédent qui a provoqué mon véritable émoi : "Ne tirez pas sur le pianiste". Je dis émoi, parce que c'était pathétique, ma recherche du sens au-delà de cette expression et des affiches du
Cela n'arrive pas souvent, connaitre l'auteur d'un proverbe. C'est quand une citation se détache de son contexte et commence sa propre vie dans le langage. Tel est le cas de