Un terme à coucher
dehors. À faire le bonheur des cruciverbistes. Pourtant, sa
définition est inoffensive: c'est un mot qui exprime une
intention affectueuse et caressante. Après bien des
efforts de percer le secret "madame versus mademoiselle",
me voilà avec un humble dégrossissage sur les
appellatifs hypocoristiques. En vrac.
Les adjectifs que l'on emploie couramment pour s'adresser à une personne constituent un groupe assez limité et littéralement font référence à la taille (mon grand/ma grande, mon petit/ma petite – votre taille réelle ne compte pas), à la gentillesse (mon doux/ma douce), à la beauté (ma belle – d'un côté, cela démontre de l'affection, mais ça peut sonner familier, ironique même; quant à *mon beau, vous semble-t-il gênant?), à la bravoure (mon brave, un brin condescendant; *ma brave moi j'ai jamais vu) et à l'âge (mon vieux/ma vielle, un terme d'amitié, rien à voir avec vos cent ans potentiels, employé aisement par les ados). Il reste aussi mon cher/ma chère, où la cherté peut aller jusqu'à très cher/très chère pour aboutir à chéri/chérie, employé entre les intimes, surtout en couple.
Adjectifs à part, mon terme d'affection préféré, c'est mon (petit) coeur, impossible en russe, mais bien joli. L'appellation la plus désopilante qui fait marrer les étrangers – mon (petit) chou, d'où une version au féminin choute et un rédoublement trop redoutable chouchou, et tout ça est censé exprimer la tendresse. On peut aussi citer mon ange, mon amour, et réservé aux dames, ma mie (la contraction évidente de ma + amie). Les animaux nous donnent un terme ma biche.
À bien y
réfléchir, les formules de politesse conventionnelle
suivent le même
modèle: madame, c'est ma
dame,
mademoiselle, c'est ma
demoiselle,
monsieur, c'est mon
seigneur.
Quelle tendance de s'approprier ses interlocuteurs! 
Dans le titre de ce billet, je reprends la