La formule FLE

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Mot clé - politesse

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vendredi, 28 septembre 2007

Hypocoristiques ;)

Un terme à coucher dehors. À faire le bonheur des cruciverbistes. Pourtant, sa définition est inoffensive: c'est un mot qui exprime une intention affectueuse et caressante. Après bien des efforts de percer le secret "madame versus mademoiselle", me voilà avec un humble dégrossissage sur les appellatifs hypocoristiques. En vrac.

Les adjectifs que l'on emploie couramment pour s'adresser à une personne constituent un groupe assez limité et littéralement font référence à la taille (mon grand/ma grande, mon petit/ma petite – votre taille réelle ne compte pas), à la gentillesse (mon doux/ma douce), à la beauté (ma belle – d'un côté, cela démontre de l'affection, mais ça peut sonner familier, ironique même; quant à *mon beau, vous semble-t-il gênant?), à la bravoure (mon brave, un brin condescendant; *ma brave moi j'ai jamais vu) et à l'âge (mon vieux/ma vielle, un terme d'amitié, rien à voir avec vos cent ans potentiels, employé aisement par les ados). Il reste aussi mon cher/ma chère, où la cherté peut aller jusqu'à très cher/très chère pour aboutir à chéri/chérie, employé entre les intimes, surtout en couple.

Adjectifs à part, mon terme d'affection préféré, c'est mon (petit) coeur, impossible en russe, mais bien joli. L'appellation la plus désopilante qui fait marrer les étrangers – mon (petit) chou, d'où une version au féminin choute et un rédoublement trop redoutable chouchou, et tout ça est censé exprimer la tendresse. On peut aussi citer mon ange, mon amour, et réservé aux dames, ma mie (la contraction évidente de ma + amie). Les animaux nous donnent un terme ma biche.

À bien y réfléchir, les formules de politesse conventionnelle suivent le même modèle: madame, c'est ma dame, mademoiselle, c'est ma demoiselle, monsieur, c'est mon seigneur. Quelle tendance de s'approprier ses interlocuteurs! ;)

samedi, 22 septembre 2007

Madame, mais pas autant

Dans le titre de ce billet, je reprends la phrase tirée du commentaire laissé par Olga. Et je me demande, depuis quand on devient Madame? Mais vraiment Madame, irréparablement Madame, sans détours. Je me suis vite apperçue que le fait d'étre mariée n'a parfois rien à voir avec cette formule d'adresse: j'avais seize ans selon mon passeport, encore moins selon mon image et allure, n'empeche, on me disait Bonjour Madame. Les règles de politesse (garnies dans mon cas d'un sourire debonnaire), d'accord, mais serait-ce affreusement maladroit comme tournure si on disait 'Bonjour mademoiselle'? J'ai cru que oui. Et quand je suis venue passer mon examen de sélection à l'Unversité et j'ai vu les deux jeunes enseignantes du jury, j'ai obstinément imité la politesse des Français: 'Bonjour Mesdames'. Comme quoi la position des supérieurs doit etre marquée dans le discours. Les dames en question ont pouffé de rire - dieu sait pourqoi - mais j'ai bien reçu ma note de dix, et sur ce, mon inscription à la fac était dans le sac. D'où ma demande de conseil. Si on adresse une jeune femme dont on ignore le statut marital, devrait-on plutot opter pour Madame ou Mademoiselle? Ladite Mademoiselle, peut-elle jamais etre notre supérieure et malgré tout garder cet adresse?